OBSERVE AND REPORT (É.-U., 2009)
Réalisé par : Jody Hill
Avec : Ray Liotta, Seth Rogen, Aziz Ansari et Anna Faris
Résumé en une phrase: Paul Blart prend des stéroïdes et s’enfonce dans l’univers d’un Angry White Male pour faire tout le contraire de ce qu’on attend de lui; provoquer divertissement et réflexion.
Résumé en une phrase #2: Jody Hill et Warner Brothers expérimentent avec le personnage qu’aucun studio ne veut voir vendre des tasses à café chez Wall-Mart.
Citation externe : “There’s a faux-controversy over whether Ronnie rapes her. Whatever. I can’t wait to see what their kid looks like. It’s going to look like America.” – Hunter Stephenson, de Slashfilmcast, à propos de la scène de sexe controversée.
Moment brave : Contre toute attente, Ronnie se défend plutôt bien à mains nues. Assez pour qu’on le soupçonne d’avoir pris quelques cours de Tae Kwon Doe chez Fred Simmons.
Hommage excessif : Aux préposées qui font essayer du maquillage à toutes celles qui ont du temps à perdre dans les centres d’achats. Je comprends que ça sert le pathétique du film, mais ça alimente le mythe qu’elles sont utiles, en plus de repousser pour une enième fois la date de péremption de cette « profession ».
Moment cool : Ray Liotta, qui nous rappelle pourquoi on déteste l’aimer et pourquoi on adore le détester.
Analysée différenciée selon les sexes : Autant Ronnie cherche désespérément un modèle sur lequel se baser pour réussir sa vie, autant Brandi se contente d’émuler tous les modèles que la société lui envoie par la gueule. C’est peut-être ce qui rend leur dialogue de sourds aussi intriguant.
Moment “sweet” : Collette Wolfe, sous les traits de Nell, nous permet à plusieurs occasions d’oublier à quel point Ronnie ne devrait pas mériter notre sympathie. La craque du ciment permet une fois de plus à une fleur de s’échapper!
Recommandé pour : Tous ceux qui ont fait la connaissance de gardiens de sécurité dans un cadre professionnel. Vous aussi, vous devriez comprendre que le portrait de Ronnie, sauf ses excès, comporte plusieurs relents dans la réalité.
Remarque de l’initié : Si vous ne comprenez pas qu’un film avec une distribution aussi « grand public » ait réussi à s’en sortir avec un sujet aussi sombre et inaccessible, rassurez-vous! Une version beaucoup plus légère a été montée par Jody Hill à la demande de Warner Brothers. Celle-ci ayant été jugée trop mauvaise, nous avons eu droit à la version du réalisateur sans avoir à attendre le DVD. Merci, focus group #232!
Ok, je me lance : Ce film est un polaroïd fichtrement intéressant de la situation du mâle américain qui reçoit trop de messages contradictoires depuis une vingtaine d’années. Pour le gars moyen qui réussit tout moyennement, il n’existe pas de gabarit pour la victoire. Ça rend l’histoire de Ronnie, tout comme celle des deux autres héros de Jody Hill, miraculeusement tragique.
Publié par Le Spiker 
